dimanche 21 juin 2009

Réflexion: l'art et le foot, par Mario

Le sport de haute niveau et l’initiation à l’art contemporain : impossible ?



Que peut-on trouver de plus différent que le football et l’art contemporain ? A quoi pourrait bien ressembler quelqu’un qui s’intéresse au deux ? Quand on y réfléchi, en tel « métissage » semble improbable, pas tout à fait…



Tout d’abord le football, le sport le plus populaire du monde, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens du terme. Considéré comme sacré dans certains pays, le football ne fait pas l’unanimité, certaines personnes pensent peut-être simplement que les règles sont stupides, d’autres diront que c’est primaire d’aduler certaines personnes pour la taille de leurs muscles, d’autres encore diront simplement que c’est un monde de « charlatans », de m’as-tu-vu.

Ensuite l’art contemporain, un domaine particulièrement pointu dans le monde déjà fort intellectuel de l’art. Considéré comme un business par les spéculateurs, le contemporain est un univers assez hermétique auquel il faut être initié. Assez élitiste, le milieu de l’art contemporain grince toujours des dents lorsque la fameuse Remarque survient : c’est de l’art ce truc ?! Un gamin de 5 ans fera pareil

Ainsi ces 2 mondes, à des lustres l’un de l’autre, ne semblent pas avoirs d’amateurs communs. Et pourtant…

J’ai toujours joué au foot, et aussi loin que je me souvienne ma garde robe a toujours contenu des maillots à l’effigie des plus grands footballeurs. Cette passion du sport m’a été transmise des mon plus jeune âge par mon père. Aujourd’hui, j’essaye de faire de cette passion mon métier. J’ai entraînement 6 fois par semaine, et un match le week-end. Je suis donc baigné, depuis tout petit, dans l’ambiance si particulière qui règne autour des terrains de foot.

Grâce à une étroite collaboration entre mon club et mon école, ces nombreux entraînements n’empiètent pas sur mes heures de cours. Ainsi , je ne suis pas obligé de choisir trop tôt entre le sport de haut niveau et les études.

Mon option, le cours d’art d’expression m’initie cette année à l’art contemporain et à ses règles assez complexes. Je découvre donc, par le biais de nombreuses expositions, les codes pour comprendre les artistes et leurs messages. Je suis donc la preuve vivante que tous les stéréotypes cités ci-dessus ne sont pas toujours avérés.

Les différences entre les deux mondes sont pourtant indéniables.

Le football, à l’image du sport en général vise un divertissement de spectateur, une période de relaxation après le travail, assez comparable au visionnage d’un film. Le contemporain est loin d’être facile à comprendre et demande de la réflexion. C’est parfois un casse-tête comportant un message caché. Il vise une prise de conscience par la réflexion, et donc toute une gymnastique cérébrale.

Les grands noms du football sont reconnus pour leurs aptitudes physiques, leur habilité à maitriser leur corps dans la pratique du sport. Les grands artistes sont jugés sur la qualité de leur message et par la façon de faire passer celui-ci. Le milieu du foot ne recèlent pas (il faut l’avouer) d’un grand nombre d’intellectuel, tandis que c’est les intellectuels qui régissent le milieu artistique. Lorsqu’on fait du sport, on bouge on crie on se dépense, tout cela est très physique. Lors de l’étude d’une œuvre d’art il faut être particulièrement attentif et faire preuve de bonne volonté pour vouloir apprendre.

Du coté personnel, je dirais que le football m’apporte la capacité de me surpasser, d’aller au-delà de mes forces. Il développe l’esprit de compétition en parallèle de l’esprit d’unité autour d’un même écusson. Il est un moyen de faire de nombreuses connaissance et maintien des liens entre les amateurs. Il est un catalyseur de vie sociale ainsi qu’une soupape pour la pression quand celle-ci est trop forte.

L’initiation à l’art contemporain m’apporte des choses totalement différentes. Jusqu’à présent, en découvrant petit à petit ses différents aspects, je me suis mis en face de mes idées reçue, j’ai remis en question des choses que je croyais acquises. Cela me permet par la même occasion de pouvoir prendre beaucoup plus de recul sur tout un tas de choses qui ne m’auraient pas parut suspectes autrement.

Je ne suis pas sur par exemple que sans l’ouverture d’esprit que me permet l’étude de l’art, je puisse remettre une seule fois en questions tout ce que je connais sur le foot. Je dirais même plus, je n’aurai pas pu parler du football de manière critique sans avoir appris à critiquer sérieusement et objectivement quelque chose. Illustrons par un exemple concret :

Chaque année en Italie se publie le nouveau « garateo » qui sont les règles générales de bon savoir-vivre. Ma grand-mère, comme toute personne âgée, est très attentive à ce genre de chose. Et cette année surprise ! Il est écrit que l’on ne doit plus se dire bon appétit avant de manger. Depuis le jour où elle l’a lu elle n’a plus dit bon appétit à personne ! Je ne peux m’empêcher de faire le lien entre son comportement et le comportement du peuple soumis au régime de Big Brother dans le roman 1984, qui accepte de considérer que 4 devient 5 à partir du moment où le message émane de Big Brother.


Cependant contrairement à ce que l’on peut croire, le football et l’art peuvent avoir des points communs. Beaucoup d’intellectuels sont souvent scandalisés d’apprendre que David Beckham gagne assez d’argent en un an pour nourrir tout un pays affamé d’Afrique. Il faut le reconnaitre c’est un excès ! Cependant il fallait voir la tête de certains fans de football quand je leur disais que Jacques Lizène a vendu pour des sommes astronomiques des toiles sur lesquelles il avait étalé ses excréments. La meilleure réaction que j’ai obtenu fut : « Si j’avais su, j’aurais gardé mes feuilles de papier toilettes de coté ! ».

Tout cela pour dire que combiner deux choses opposées peut parfois être bénéfique. Le football et les études demandent de l’assiduité et de la concentration presque similaire l’un à l’autre. Les stéréotypes et les clichés peuvent être balayés lorsque les deux parties sont prêtes à faire preuve de bonne volonté et de compréhension. Si tout le monde pouvait avoir deux points de vue différents avant de prendre son credo, je pense que le monde se serait passé de quelques conflits plus importants.


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