mercredi 26 février 2014

Le dandysme selon Jacques Lizène.

Le dandysme selon Jacques Lizène.


Par Pauline Gillard

Dandy : Un dandy est un homme se voulant élégant et raffiné, se réclamant du dandysme, courant de mode et de société venant de l'Angleterre de la fin du xviiie  siècle, mais aussi d'une affectation de l'esprit et de l'impertinence. Le terme Dandy relève de l'excentricité, est défini comme une manière d'être, notamment dans l'habillement et l'apparence, qui rompt totalement avec la règle du commun des hommes. Lorsqu'il est utilisé sous la forme d'un substantif, « Dandy » se réfère à un homme à l'apparence soignée et bien habillé, plus souvent à un homme narcissique. Synonymes : élégance, aristocratie, goût, classe, beauté, courtoisie, délicatesse, politesse, savoir-vivre, raffinement, chic, charme, affectation.
Mais est-ce bien ce dandysme académique que nous retrouvons chez Lizène ?
Jacques Lizène est bien un dandy : son attitude raffinée est différente de la société dominante d’aujourd’hui mais il a quelque chose de plus. En effet, nous pourrions qualifier le style de Lizène comme étant un mélange entre le dandysme et la déglingue. Ses dents qu’il a limées, la vasectomie, le port de casquettes diverses ainsi que sa manière de parler nous repoussent plutôt que de favoriser notre appréciation.
Il a donné un nom spécifique pour qualifier son dandysme déglingué : l’art d’attitude.
« L’Art d’attitude est un prolongement du produit et non pas le produit comme chez les autres. Comprenne qui pourra. »
« J’ai créé le terme en 1965 pour définir l’attitude de non-procréation que j’avais décidé de prendre. J’avais déclaré que je ne procréerais pas et que l’espèce humaine devait en faire autant et s’éteindre gentiment à jamais. Pour définir cette position de manière plus globale et la définir par rapport à l’art, j’ai créé ce terme d’art d’attitude. »

Jacques Lizène ne se donne donc pas simplement un genre mais il joue avec cette attitude et devient carrément ce dandy déglingué.
Cet artiste est donc en performance permanente dans la vie de tous les jours. Il se donne un style « bouffon », dandy, un peu décalé et l’effet recherché y est : on est mal à l’aise quand on l’entend parler, on lui trouve quelque chose de louche, on est intrigués par cet homme aux manières et langage qui ne semblent pas trop appartenir à notre société et on est bousculés, dérangés et repoussés par ce qu’il s’est fait subir (limage de dents, vasectomie).


Par ce dandysme, cette attitude et sa performance permanente, Lizène ne redeviendrait-il pas ce grand artiste qu’il cherche à nier à tout prix ? 

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