mercredi 26 mai 2010

La beauté de la simplicité


Piron Chloé, 6A

Lili Dujourie est une artiste Belge qui vit à Gand. Elle travaille la terre depuis deux ans selon une technique qui lui est propre. Elle agit sur la terre de ses doigts, sa paumes, de sa poigne et non pas avec de simple outils. Elle cherche le contact avec la terre, une sensation.

La sobriété et la simplicité sont les choses qui frappent le plus lorsque l’on regarde les œuvres de Lili Dujourie. Ces pièces sont toutes faites d’argile noir, ocre, blanche ou brune et sont disposées sur de banale table blanche. Elles se caractérisent toutes par leur forme simple, quasi-similaire et leur aspect qui nous fait cruellement penser à des feuilles d’automnes. Certains peuvent dire que les pièces de Lili Dujourie sont minimalistes et répétitive mais c’est justement là où se trouve toute l’importance, tout l’intérêt du travail. En effet, on voit par ces œuvres que l’artiste se laisse guider par la matière, ce n’est pas lui qui impose sa volonté à la matière mais plutôt les caractéristiques de la matière qui s’impose à l’artiste. Par ses œuvres, Lili Dujourie veut clairement exposé la dominance des matériaux. L’artiste doit être à l’écoute de sa matière.

Le titre de l’œuvre est également sujet à diverses interrogations. En effet, « Les initiales du silence » est un titre assez surprenant et original. Que ce soit cette œuvre la ou une autre de cette artiste, chacune possède un titre qui oblige le spectateur à se poser des questions. Il ne peut pas rester passif, il a envie de savoir pourquoi c’est ce titre la, il a envie de trouver le rapport avec l’œuvre qu’il a devant lui. Les œuvres que présente ici Lili Dujourie sont surprenantes et magnifiques. Chaque spectateurs se sent concerné par la matière, chacun remet en questions les choses qu’il jugeait simple et remarque la beauté de ce qui est anodin.





Un tour en forêt...


Benoit Masset, 6D

Cette œuvre de neuf photographies a été réalisée par le Danois Joachim Koester et porte le nom de Bialowieza Forest et a été réalisée en 2001.Avant de parler de l’œuvre, partons à la découverte de la Bialowieza Forest qui est le thème principal de l’œuvre. Cette forêt de Pologne est très vielle. Celle-ci n’a jamais été déboisée ou reboisée par l’homme. Elle est donc très importante pour tous les biologistes car elle possède une très riche biodiversité. Elle est aussi connue pour symboliser les mythes. Quand on se trouve devant ces photographies, nous sommes comme envoutés et attirés dans la forêt. Cela est pourtant étrange. Si on regarde de plus prêt cette foret est loin d’être accueillante et pourrait être décrite de ces quelques adjectifs ; gris, froid, triste,…La forêt représentée met le visiteur dans un autre monde. Celui où l’imaginaire règne. Pour moi ces photographies ont permis à tous les contes de mon enfance de resurgir du fond de ma mémoire. Malgré cet aspect terrifiant au premier abord, les photos de Joachim Koester ont une grande force évocatrice. En conclusion, nous pouvons affirmer qu’un aspect fantasmagorique se cache derrière les neufs photographies. Ce qui permet de créer une réelle alchimie entre le spectateur et l’œuvre traduit le caractère mystérieux de la polonaise. Félicitation à l’artiste pour son travail réussit qui associe réalité, photo et spectateur.

mardi 25 mai 2010

« Un voyage 5 étoiles dans l’art contemporain »


Attention : Light ! est une installation vidéo et sonore réalisée par deux artistes Josef Robakowski et Wieslaw Michalak dans le cadre de l’exposition « Animism » et collection permanente (22.01-02.05) du MUHKA à Anvers.

Ce concept audio visuel est l'expression de l'amitié entre ces deux artistes, qui vivaient sur deux continents différents (Asie pour Wieslaw Michalak et Europe pour Josef Robakwski) et dans des systèmes politiques opposés, et qui se sont rencontrés à travers l'art et la musique.

Dans le cadre de l’exposition, ayant pour thème « l’animisme » (du latin animus, originairement esprit, puis âme), on découvre, un véritable concept à la fois artistique et personnel. En effet, Josef Robakowski et Wieslaw Michalak ne décrivent pas seulement des pratiques spirituelles qui dotent des objets et des entités non humaines de vie et de caractéristiques humaines, ils vont au-delà en détournant le concept de sa connotation « primitive », durant quelques minutes, le spectateur est plongé dans un dédale d’incertitudes, véhiculé par les deux artistes : faire de l’art un conflit, et résoudre le conflit par l’art durant quelques minutes malgré les différences et les contentieux politiques fut l’objectif complexe de ces artistes. Ils donnent lieu dans leur installation à une gamme de contradictions entre les frontières politiques et culturelles de leur deux continents tout cela regroupé dans une œuvre artistique.

Le concept va plus loin qu’un simple conflit culturel et politique, le spectateur est plongé dans un univers visuel et sonore à la fois historique et contemporain. Les couleurs vives projetées en continu sur un écran sont accompagnées et bercées par la musique (Nocturne Op.9 NO.2) d’un grand monsieur : Frédéric Chopin (compositeur et pianiste polonais). Sur un rythme calme et paisible, ce morceau de cinéma expérimental montre 8 tons de couleurs qui représentent notre monde contemporain rude, rapide et empreint de conflits. A l’instar de cette dureté, le spectateur est apaisé et replongé dans le passé grâce à la douce symphonie de Chopin et lui rappelle durant quelques minutes les merveilles dont l’homme est capable, et dont il tire son savoir culturel. 64 no 4. Subsequent musical tones are accompanied by certain colorsThe flux of colors and light creates an artistic whole with Chopin's nostalgia-filled piece.

Le flux de couleurs et de lumière crée une entité artistique qui accompagne le spectateur avec la nostalgie de Chopin . "Sound and Image" was screened from February 6th until 8th in the Tel Aviv Museum of Art.

Je peux donc dire que cette installation est linéaire car elle allie à la fois les esprits passés (grâce à la musique de Chopin) qui ont fait naitre notre culture et la modernité actuelle (reprenant les conflits politiques et culturels). Je perçois à la fois un condensé visuel de valeurs esthétiques par les couleurs vives et une explosion sonore de qualité et de recherche véhiculée par l’esprit sonore d’un musicien fabuleux : Chopin. Un bonheur ultime. On pourrait dès lors se demander ce que l’art contemporain pourrait nous apporter de plus?

Sophie KLUTZ

1. Une œuvre/ une collection du Mukha :


Courtesy Collection de Paul de Vree : « Imagination – Réflexion – Information ! »

Lors de notre visite au musée du Mukha à Anvers, une des collections m’a particulièrement séduit, c’est la collection de Paul de Vree Courtesy Collection. Les œuvres de cette collection étaient exposées toutes ensembles dans une salle dont les murs formaient un « u ». Elles étaient donc mises de manière à ce que l’on puisse les voir successivement.

La caractéristique qui était la plus intéressante à mes yeux est la suivante : devant chaque œuvre, nous étions obligés de nous arrêter et de nous interroger sur ce que nous voyions. Lorsque nous trouvions la signification du mot et/ou du dessin représenté, nous pouvions réfléchir au rapport avec la culture, l’actualité (de l’époque de l’œuvre) ainsi qu’au message que l’artiste essayait de faire passer. En ce qui me concerne, dans cette collection, chaque œuvre à son message qui me parlait.

L’art contemporain ne m’avait pas encore amené à réfléchir par moi-même auparavant. Je n’arrivais pas à interpréter une œuvre sans explication à côté. Grâce à la collection de Paul de Vree, j’ai senti une véritable satisfaction de comprendre les œuvres par moi-même.


Chaque message passé est un message fort : sur l’œuvre où l’on voit le mot « Mao », j’ai tout de suite eu l’idée du président chinois Mao Zedong mais je me suis interrogée sur le graphisme de l’œuvre. Pourquoi la moitié du nom est-il coupé de cette manière ? Puis j’ai fait référence à la chute du pouvoir de cet homme. En effet, à cette époque, Mao Zedong n’était plus au pouvoir et de plus, la Chine a intégré l’ONU. Cette intégration n’était pas dans la suite logique du pouvoir de Mao puisqu’il primait un régime dictatorial.

En conclusion, je dirais que la collection de Paul de Vree a eu une influence positive sur mon esprit puisqu’elle m’a permis de chercher l’information, de réfléchir de la manière dont celle-ci était exprimée et enfin de faire des liens avec l’actualité. L’esthétique avait un rôle secondaire mais n’était pas pour autant moins importante.

Justine BATS

lundi 24 mai 2010

Conceptuellement hypnotisant


Catherine Goffart, 6A

Dans la « Pourbusstraat » à Anvers, nous visitons plusieurs galeries d’art. Celle ayant retenu particulièrement mon attention est la « Koraalberg Gallery »

Une jeune femme nous a expliqué, dans un anglais correct et assez timidement, quelques œuvres de Cedric Christie, artiste hollandais habitant et travaillant à Londres.

Les œuvres de Christie sont très minimalistes. On enlève tout ce qui gène, tout ce qui est inutile. Les matériaux utilisés sont très simples. Ce qui est exposé dans la galerie est très amusant à regarder mais ce n’est pas pour cela que ce n’est pas un art conceptuel ! L’observateur doit quand même réfléchir.
Plusieurs œuvres m’ont bien plu, mais si je devais en choisir une seule, je dirai que j’ai bien aimé le morceau de ferraille de voiture où le nom d’un artiste connu a été écrit à la place de la marque de la voiture.

(Ici, Blinky Palermo est un peintre abstrait allemand)

J’ai apprécié cette œuvre car elle était originale. De plus, la jeune femme tenant la galerie m’a montré dans son catalogue la voiture d’où le bout de ferraille venait. J’ai trouvé très intéressant de voir la source de ce morceau de métal. Dans ma tête, j’essayais de me représenter la scène.

Bref, j’ai vraiment adoré cet artiste avec ses œuvres hors du commun, passionnantes et drôles. Un banal morceau de carrosserie peut devenir une œuvre d’art conceptuellement hypnotisante !

Saïmiris privés de liberté


Catherine Goffart, 6A


Je me baladais dans le Muhka, un musée d’art contemporain anversois, lorsque je tombai nez-à-nez avec une immense cage verte un peu spéciale. Cette soudaine étrangeté me perturba et m’incita donc à me renseigner à propos de cette œuvre appelée « Cage for Saïmiri Boliensis » de Meuris Wesley, un artiste flamand. Cette œuvre représente la cage de petits animaux dans un zoo. Cet artiste a exposé à maintes reprises des cages vides en imaginant quelle sorte d’animaux pourrait bien s’y retrouver dedans. Cette fois-ci, ce sont des saïmiris de Bolivie, autrement dit des petits singes vivant en Amérique du Sud.
Tout d’abord, l’espace et le temps ne sont pas laissés au hasard. Meuris Wesley voulait faire prendre conscience à l’observateur qu’une cage sert à montrer un animal, mais pour ce dernier, « la bête de cirque » est l’observateur. Cela signifie donc que chacun est vu par l’autre avec, comme seule barrière, des barreaux métalliques.

La lumière dans la cage est très vive, permettant ainsi une très bonne visibilité des éléments intérieurs.

En me renseignant un peu sur le sujet, j’ai compris que l’artiste voulait engendrer une cassure du point de vue de l’espace-temps.
Il ne le respecte pas. Entre la Belgique et la Bolivie, il y a un décalage horaire d’environ sept heures. A l’heure où nous visitions l’exposition, il devait environ être quatre heures du matin, soit la nuit là-bas. Les saïmiris sont donc censés dormir et nous, ne pas les voir. C’est donc pour cette raison que deux spots les éclairent durant leur profond sommeil car ce sont des animaux diurnes.


Ensuite, une pancarte donnant des informations sur la race des saïmiris boliviens est affichée non loin de l’œuvre.
Ces indications augmentent donc l’imagination ainsi que la crédibilité. L’observateur essaye de se représenter dans sa tête la cage remplie de ces petits singes. Sur la petite pancarte, Meuris Wesley nous donne la taille, le mode de vie, la nourriture, l’habitat, la température, etc. Nous sommes donc confrontés à une vraie réalité. Un détail perturbant est que la cage est très propre : il n’y a aucun excrément, ni trace de nourriture à l’intérieur.

Enfin, la symbolique de la couleur et de l’architecture de l’œuvre est celle de la captivité. En effet, nous avons vu dans notre cours d’arts d’expression que la couleur verte symbolisait la liberté. Ici, la liberté est enfermée entre des barreaux en fer –symbole de la dureté- . Wesley joue donc avec le principe d’opposition.
L’intérieur de la cage est très esthétique et minimaliste. Il y a donc une allusion avec l’architecture moderniste et rationaliste : les formes sont très simplistes afin de n’avoir que le strict minimum. En me documentant, j’ai trouvé que c’était de « l’architecture de divertissement » car les animaux enfermés dans cette cage ainsi que le milieu où ils sont « exposés » doivent divertir le spectateur. C’est pour cette raison qu’il est venu au zoo. En réalité, les saïmiris ont été enfermés dans le but d’être protégé car nous les aimons.

En conclusion, « Cage for Saïmiris boliensis » de Meuris Wesley a pour but de nous montrer le côté positif et négatif de l’enfermement des Saïmiris de Bolivie dans des cages de zoo. Par son œuvre, il va essayer de faire passer un message et de transformer l’observateur. Pour lui, le spectateur est un acteur de l’œuvre dans le sens où il est aussi regardé par ces petits singes sud américains.
Il défend donc sa propre thèse en insistant sur le fait que même dans un musée, l’espace-temps de l’œuvre ne correspond pas toujours à celui du spectateur.

Mais qui sait, peut-être se cachaient des dizaines de petits Saïmiris privés de liberté ?

Passera ou passera pas ?


Mathilde Simon, 6A

Horror 13, par Steve Schepens, exposé à la galerie Van de Weghe

Voici tout d’abord une brève présentation de ce jeune artiste, qui est un artiste interprète et performeur qui travaille dans les disciplines du spectacle, photographie, vidéo et le visuel, avec l’utilisation du dessin, des installations, des techniques mixtes, des objets, et des photos.
Chaque titre de cet artiste est Horror, suivi d’un numéro. Je pense que c’est très révélateur de ce qu’il est.
Ce que l’on voit dans la plupart de ses œuvres, ce sont des genres de barrières. Même si toutes ne sont pas explicitement peintes ou visibles pour l’œil car plutôt abstraites, elles n’engagent pas au passage. Le galeriste disait lui-même que les gens qui venaient dans sa galerie ne passaient pas de l’autre côté de la barrière, alors que rien n’en interdisait l’accès.
Ce qui me fait dire que les barrières ont une signification ancrée dans la tête de chacun. On ne les traverse pas car depuis tout petit, on nous dit de ne pas franchir les frontières.
L’artiste fait un travail très intéressant dessus, et celui que j’ai choisi, c’est celui-là. Je vais tenter de le comprendre un peu mieux.

Il s’agit ici d’une barrière faite en bois, elle est en forme de mines, comme celles qu’on utilisait durant la guerre. Donc, en plus de signaler un empêchement de passage, elle signale que des représailles pourraient découler du passage de l’autre côté.
Dans l’inconscient de chacun se trouve aussi l’idée toute faite que la barrière est infranchissable. La question est alors, que veut dire Schepens en créant des barrières ? Nous montrer que si, on peut franchir les barrières, tout en sachant où sont nos limites ?
Nous avons donc une réflexion intéressante sur les limites. Où sont-elles ? Qui nous les met ? Est-ce nous ? Mais une fois que nous sommes assez matures, ne pouvons-nous pas nous les fixer nous-mêmes ?
Je pense que oui, le tout est de ne pas se perdre derrière la barrière…